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De 600 000 à 2,3 millions de litres de lait livrés : le Gaec des Bohons mise sur la robotisation

Depuis 2016, le site laitier du Gaec des Bohons a été délocalisé. Après deux ans de traite sur trois sites, et un investissement de près de deux millions d'euros, le nouveau bâtiment des vaches laitières est divisé en quatre parties identiques : un robot, 65 logettes et une case d'isolement en sortie de robot.

À Saint-Georges-de-Bohon (Manche), le Gaec des Bohons est passé de 600 000 à 2,3 millions de litres de lait livrés, à main-d’œuvre constante. Les associés misent sur la robotisation et l’autonomie fourragère pour maintenir rentabilité et qualité de vie.

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Historiquement, le Gaec des Bohons comptait 300 ha de SAU et 600 000 litres de lait livrés. En 2014, Maxime Savary, l’un des associés actuels, a rejoint la structure suite au départ d’une associée. « Quand je me suis installé, on a eu l’opportunité de reprendre une exploitation laitière, et un cheptel laitier qui aurait été perdu autrement », explique l’éleveur. De fil en aiguille, l’exploitation s’est développée pour arriver à 2,3 millions de litres de lait et 400 ha de SAU.

Traite sur trois sites pendant deux ans

Entre 2014 et 2016, les trois associés ont géré les traites journalières sur trois sites différents. Le site historique du Gaec était déjà conduit en traite robotisée, et les deux autres sites en salle de traite -le premier à deux kilomètres, puis le second à une dizaine de kilomètres.

Au mois de septembre 2016, le nouveau site laitier, situé à quelques centaines de mètres du site historique du Gaec est prêt à accueillir toutes les vaches des différents sites. « Le 20 septembre 2016, on a trait de bonne heure sur tous les sites et on a amené tout le monde ici pour mettre en route dans la nuit, se souvient Maxime. Ensuite, il a fallu paramétrer le robot ; c’est-à-dire mettre un collier à chaque vache pour qu’elles soient identifiées et scanner les trayons de tout le monde ». Aussi, il aura fallu pousser les vaches au robot pendant une quinzaine de jours avant que tout le monde y aille de manière vraiment autonome. « Le site laitier a représenté un investissement d’environ deux millions d’euros, annonce Maxime, mais le chantier a été finalisé en 2016, aujourd’hui il faudrait facilement ajouter six à huit cent mille euros » poursuit-il.

À la mise en route du bâtiment, celui-ci était équipé de trois robots de traite Lely, et un quatrième est arrivé en 2022.

Vidéo privée — Dailymotion

« C’est plus facile de trouver une vache dans un lot de 65 que dans un lot de 220 »

Le bâtiment qui abrite les 220 vaches laitières est divisé en quatre parties exactement identiques. « Dans chaque partie il y a un robot, 65 logettes, et un box pour les soins et l’insémination en sortie de robot. Au milieu des quatre robots, il y a la cage de parage commune à tous les lots », détaille l’associé.

Chaque lot est conduit de manière similaire, les vaches ne sont pas triées selon le stade de lactation, « cela permet de faire une ration complète pour tout le monde, et le robot gère le reste avec le correcteur azoté et le concentré de production, lance Maxime. Aussi, ça évite d’avoir des lots qui seraient trop chargés à certains moments, s’il y a plus de fraîches vêlées par exemple ».

Le choix d’avoir divisé le troupeau en quatre lots est avant tout une volonté de simplifier le travail, « c’est plus facile de trouver une vache dans un lot de 65 que dans un lot de 220, lâche l’éleveur. Et puis si une vache est en chaleur, elle va galoper et énerver peut-être 65 vaches mais pas 220 », poursuit-il.

Un tri automatisé pour suivre l’évolution de chaque animal

Grâce à l’identification des vaches et à un parc de tri propre à chaque lot, plus besoin de courir pour inséminer ou échographier. Dès qu’une chaleur est détectée par le robot, la vache est envoyée vers le parc d’isolement après la traite, de manière à être inséminée.

Au Gaec des Bohons, le mardi est le jour des échographies, et le vendredi celui des tarissements. « Chaque mardi, les vaches qui sont à 45 jours après IA ou qui n’ont pas été confirmées pleines à la dernière écho sont triées pour que je les échographie, explique Maxime. Pour le tarissement c’est la même logique ; elles sont triées automatiquement dès lors qu’on approche les 60 jours avant date de vêlage théorique ».

Une marge sur coût alimentaire de 11 €/vache/jour

Dans cette exploitation manchoise, même s’il n’y a que les génisses qui pâturent, l’herbe est grandement valorisée dans la ration des animaux. « Du mois de mars — avril à la mi-juin environ, on fait de l’affouragement en vert pour les vaches, et de l’ensilage d’herbe en parallèle pour gérer la pousse de l’herbe », explique Maxime. Cette valorisation de l’herbe permet d’atteindre une marge sur coût alimentaire satisfaisante, aux alentours de 11 € par vache et par jour.

Même si les vaches laitières sont en bâtiment toute l’année, leur ration varie au fil des saisons : affouragement en vert au printemps, puis ration maïs et ensilage d’herbe.

Une partie de la surface en herbe est valorisée en tant que litière, étant donné les terrains fortement marécageux.

Auparavant, l’exploitation cultivait une cinquantaine d’ha en céréales, mais avec l’agrandissement du cheptel et la volonté d’atteindre l’autonomie fourragère, les surfaces en culture ont laissé place au maïs et aux prairies. Désormais, près de 80 ha de paille en andains sont achetés pour subvenir aux besoins du cheptel en litière.

Projets à venir

Pour faire face à la grosse problématique de la Mortellaro dans leur élevage, les associés prévoient d’investir dans un pédiluve automatique en sortie de robot de traite. « Avec cet investissement, et notamment les gains en termes de bien-être animal, on espère gagner entre 1,5 et 2 kg de lait en plus par vache, et si on en gagne 2, ce sera remboursé en un an », sourit Maxime.

Aussi, les associés ont pour projet de construire un bâtiment pour les vaches taries sur le site laitier. Actuellement, elles sont sur le site historique du Gaec, au même titre que les génisses, « mais l’ancien site devient trop tassé, alors on gagnera en confort de travail et pour les animaux », assure l’éleveur.

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